Partie 2 : À six heures du matin,

« Mademoiselle Martin, vous m’avez donné procuration le 17 septembre. »

Maître Leroy avait dit ça sans lever les yeux de son dossier, du ton dont on annonce l’heure. Puis il a relevé la tête, vu mon visage, et il a ôté ses lunettes.

« Vous n’étiez pas au courant, a-t-il dit.

– Non. »

Il était dix-sept heures quarante, le jeudi. J’avais quitté la caisse à dix-sept heures, ma blouse roulée dans mon cabas. Dans la salle d’attente, le même aquarium qu’il y a onze ans, les mêmes poissons, ou leurs petits-enfants, qui tournaient dans leur verre sans comprendre.

Je l’avais appelé le matin à huit heures, entre deux clients, la voix presque normale. La secrétaire m’avait glissé un rendez-vous « parce que c’est vous ». Je n’avais pas demandé ce que ça voulait dire.

Maître Leroy devait avoir soixante-cinq ans, des cheveux blancs coupés court, un gilet de laine grise sur sa chemise. Il avait la tête d’un homme qui lit ses dossiers pour de vrai.

« Reprenons depuis le début, a-t-il dit. Vous êtes venue pour quoi, exactement ?

– Pour comprendre ce que j’ai signé ici, il y a onze ans. »

J’ai posé sur son bureau la boîte LU, avec l’élastique cassé, et les six pages agrafées.

Il les a prises. Il les a feuilletées lentement. À la dernière, il s’est arrêté, et j’ai vu son pouce suivre une ligne.

« Oui, a-t-il dit. C’est bien notre acte. »

« Alors c’est vrai ? Je suis… »

« Nue-propriétaire d’un quart de l’appartement de la rue de Lannoy. Votre sœur aussi. Votre mère a l’usufruit sur la part de votre père et elle est propriétaire de sa propre moitié. »

J’ai demandé qu’il me traduise.

« Votre mère a le droit d’y habiter ou de le louer, a-t-il dit. Elle n’a pas le droit de le vendre sans vous. Ni sans votre sœur. Pour vendre, il faut les trois signatures. Ni plus, ni moins. »

Trois signatures. J’ai cherché le sol sous mes pieds, et il y était.

« Maman m’a dit que papa n’avait rien laissé.

– Ce n’est pas à moi de commenter ce que dit votre mère.

– Elle m’a dit “c’est pour la Sécu”.

– Nous avons lu l’acte à haute voix, ce jour-là. Vous aviez dix-neuf ans. Vous veniez d’enterrer votre père. Votre mère a dit qu’elle vous expliquerait à tête reposée. »

« Elle ne l’a pas fait. »

Il n’a rien répondu. Il a rangé ses lunettes dans leur étui, et il l’a refermé avec un petit clac.

« Pourquoi venez-vous maintenant, Mademoiselle ? »

J’ai sorti mon téléphone. J’ai fait glisser les photos jusqu’à la première, celle de l’en-tête bleu, et je l’ai posée sur le bureau, face à lui.

Il l’a lue. Il l’a lue entière. Je l’ai vu arriver à la ligne « libre de toute occupation », puis à la date, puis à la signature.

Il s’est adossé à son fauteuil.

« Où avez-vous eu ça ?

– Dans mon classeur. Je ne sais pas qui l’y a mis.

– Votre mère m’a consulté le 5 septembre. »

Il parlait plus bas.

« Elle voulait savoir comment vendre vite. Je lui ai expliqué ce que je viens de vous expliquer : les trois signatures. Elle m’a répondu que ses filles étaient d’accord. Que l’aînée avait déjà un autre logement. Que la cadette ne demandait qu’à suivre.

– Le 5 septembre ? Je ne cherchais même pas un autre logement.

– Elle a dit “avait”. Il y a trois semaines. »

J’ai senti mes joues chauffer.

« Maître, je n’ai jamais dit que j’étais d’accord pour vendre. Jamais.

– Je m’en doutais, » a-t-il dit.

Il a ouvert un tiroir. Il en a tiré une chemise cartonnée beige, a trouvé une feuille tout en bas, et il l’a fait glisser vers moi sans un mot.

C’était une photocopie. En haut : « Procuration pour vendre ». Mon nom, ma date de naissance, mon adresse de la rue de Lannoy. Le 17 septembre, une semaine avant le déménagement. Dessous, la photocopie de ma carte d’identité, tournée de travers, avec ma photo de l’époque où j’avais les cheveux plus courts.

Et ma signature, en bas à droite.

Je me suis penchée jusqu’à presque toucher le papier du nez.

La signature était presque la mienne. Presque. Le M avait une petite boucle à la fin, comme un M de collégienne. Je n’avais pas fait cette boucle depuis mes seize ans.

« Ce n’est pas moi.

– Je n’ai pas dit que c’était vous. J’ai dit que j’avais cette procuration, ainsi que la photocopie d’une pièce d’identité. Elle est arrivée par coursier le 18, avec un mot de votre mère. »

« Alors vous savez que c’est un faux. »

« Je sais que je ne signerai pas un acte dont l’un des signataires affirme n’avoir rien signé. » Il a pris sa voix la plus prudente. « Je ne peux pas aller plus loin, Mademoiselle. Je suis le notaire de votre mère, et ma profession m’interdit de vous conseiller contre elle. Vous allez devoir prendre un avocat. »

« Quand doit se faire la vente ?

– Un compromis est prévu, ici, vendredi 10 octobre, à dix heures. Les acquéreurs sont un couple, les Garcia. Ils ont fait une offre à 148 000 €. »

Il m’a regardée un instant de plus que nécessaire.

« Votre mère peut aussi aller voir un autre notaire. Il y en a une trentaine dans Roubaix, et tous n’ont pas un aquarium. »

Il a presque souri, d’un sourire triste.

« Combien de temps me reste-t-il ?

– Vous voulez que je compte à votre place ? »

Je n’ai rien dit.

« Aujourd’hui, c’est le jeudi 25 septembre. »

Il a rangé la procuration dans la chemise, et la chemise dans le tiroir.

« Quinze jours. »

Un sabot jaune calait la porte de tante Nadine, en septembre comme en janvier. Chez elle, on n’a jamais sonné. On pousse, on crie « c’est moi », et quelqu’un répond de la cuisine.

« C’est moi, tata. »

« Je sais, ma grande. J’ai reconnu la voiture. »

La voiture, c’était ma vieille Clio de 2008, et elle avait fait le trajet de Croix à Lens en gémissant, sur l’autoroute, pour la première fois depuis longtemps. Je m’étais promis de ne pas arriver les mains vides. J’avais acheté une tarte aux pommes à la boulangerie de la gare, que je tenais devant moi comme un ticket d’excuse.

Nadine avait soixante-trois ans, les cheveux gris coupés en brosse, et une blouse d’ATSEM qu’elle portait encore le samedi, quatre ans après la retraite, parce que « c’est pratique ». La cuisine sentait le café brûlé, la lessive et l’ail. Sur la toile cirée, il y avait une cafetière, deux bols, et un calendrier de la Poste ouvert sur septembre.

Elle a regardé la tarte, puis mon visage.

« Tu as maigri. »

« C’est la nouvelle caisse. »

« Menteuse. »

Elle a rempli un bol. Je n’ai pas bu. Elle m’a laissée tenir le bol pendant presque cinq minutes, sans rien dire, avant de s’asseoir en face de moi.

« Chantal m’a appelée mercredi soir, a-t-elle fini par dire. Elle disait que tu avais emporté tous ses meubles. »

« Mes meubles. »

« Elle a dit “ses meubles”. »

« Tata. »

Je ne savais pas comment commencer, alors j’ai posé sur la toile cirée la boîte de gâteaux LU, et j’ai défait l’élastique qu’Enzo m’avait aidée à remplacer par un autre. J’ai fait glisser la dernière feuille vers elle, celle avec le nom des héritiers.

Elle n’a pas pris ses lunettes. Elle ne les a pas cherchées. Elle a juste posé sa main à plat sur le papier, et elle l’a laissée là.

Je l’ai su avant qu’elle parle.

« Tu savais. »

« Manon… »

« Tu savais depuis onze ans. »

Elle a fermé les yeux.

« Le lendemain de l’enterrement, a-t-elle dit. Chantal est venue ici. Elle s’est assise là où tu es. Elle m’a dit que le notaire avait tout expliqué, que les filles avaient droit à une part, que c’était compliqué, que tu étais trop jeune pour gérer quoi que ce soit, et Chloé, n’en parlons pas. »

« Et toi, tu as dit quoi ? »

« Que ce n’était pas à elle de décider. »

« Et ensuite ? »

« Elle a pleuré. »

Nadine a soufflé par le nez, un petit bruit que je connaissais. C’était le même que mon père quand il se retenait.

« Elle a pleuré, Manon. Elle m’a dit qu’elle n’avait plus que vous deux, qu’elle ne voulait pas que vous la regardiez comme une voleuse. Qu’elle vous le dirait quand vous seriez plus grandes. »

« Plus grandes. J’ai trente ans. »

« Je le lui ai redit chaque année. Je lui disais : “Chantal, dis-leur.” Elle me répondait : “L’année prochaine.” Ça a duré onze ans. »

« Onze ans. »

« J’aurais dû t’en parler moi-même. » Elle a levé les yeux. Ils étaient mouillés, mais elle ne baissait pas la tête. « Je ne l’ai pas fait. Tu peux me le reprocher. Je me le reproche, moi aussi. »

Je n’ai pas répondu. Je ne trouvais pas de mots qui ne soient pas trop gros.

Elle s’est levée, elle est allée jusqu’au placard sous l’escalier. J’ai entendu un bruit de ferraille, puis elle est revenue avec une caisse à outils rouge, rouillée aux angles, que j’aurais reconnue dans le noir.

« Il l’avait laissée ici, le week-end où on a repeint ma cuisine. C’est tout ce qui me restait de lui. »

Elle l’a posée entre nous et l’a ouverte. Des tournevis. Un mètre de maçon. Un niveau à bulle avec un seul bout de scotch. Et dessous, tout aplati par les années, un classeur bleu.

« Il gardait tout, a dit Nadine. Chaque facture, chaque ticket. Il collait les tickets de caisse sur des feuilles de brouillon avec du scotch, pour qu’ils ne s’effacent pas, et il rangeait ça par pièce. Il découpait des intercalaires dans des boîtes de céréales, parce que ça coûtait rien. »

J’ai senti un truc me monter dans la gorge.

« Chantal a jeté les autres, a-t-elle dit. Elle les a jetés la semaine de l’enterrement. Elle disait que ça sentait la poussière. Celui-là, il l’avait laissé ici avec sa caisse, quinze jours avant de mourir. Elle ne sait même pas qu’il existe. »

« Papa faisait pareil que moi. »

« Non, ma grande. C’est toi qui fais pareil que lui. Tu ne le sais pas, mais tu as pris son geste. »

Elle a tapoté le classeur du bout de l’ongle.

« Quand Chloé est née, il m’a dit : “Nadine, les filles d’abord. L’appartement, c’est pour elles. Qu’on ne le leur prenne jamais.” Il le disait toujours, devant Chantal. Elle riait. Elle disait : “Qui va le leur prendre, Gérard ?” »

Je me suis essuyé le visage avec le dos de la main. J’ai vu ma main trembler, au bout de mon bras, sans que je la tienne.

On est restées un moment sans parler. Dans la rue, un voisin tondait sa pelouse, en septembre, en plein samedi.

« Tata, a dit enfin ma bouche toute seule. Maman a dit à Maître Leroy que j’étais d’accord pour partir. Qu’elle avait entendu ça de quelqu’un. »

Nadine a eu un tout petit mouvement, d’épaules, de cou. Un petit recul.

« Qui ? »

« Je ne sais pas. »

Elle ne m’a pas regardée.

« Tata ? »

« Le 14 septembre, a-t-elle dit très bas. Un dimanche. Chantal est repassée. »

J’ai senti mon ventre se serrer.

« Elle avait une feuille. Une attestation sur l’honneur, avec trois lignes à recopier. “Je soussignée Nadine…” Qui dit que Manon a exprimé le souhait de quitter l’appartement de son plein gré, et de laisser sa sœur s’y installer. »

Elle s’est mordu la lèvre.

« Je l’ai signée, Manon. »

« Tu as signé ça ?

– Elle m’a dit que c’était pour ton dossier de logement. Que tu cherchais un deux-pièces, que les bailleurs demandaient un papier de la famille pour te rassurer. »

« Mais je ne cherchais rien le 14 septembre. »

« Je sais. Je l’ai compris en la signant. J’ai fermé les yeux. » Elle a pris sa tasse à deux mains. « Elle m’a dit qu’elle l’avait déposée à l’agence. »

Le mardi d’après, à six heures du matin pile, quelqu’un a sonné chez moi.

Pas de clé, pas de valises traînées dans le couloir. Une sonnette, courte, un seul coup, comme on le fait quand on a peur d’être entendu.

J’ai regardé par le judas. Un sweat à capuche gris, une capuche sur la tête, une silhouette qui se balançait d’un pied sur l’autre.

J’ai ouvert.

« Salut, Manon. »

Chloé n’avait pas dormi. Ça se voyait à ses yeux, rouges aux coins, et à ses cheveux, qu’elle avait noués en queue-de-cheval à la va-vite. Elle tenait un sac de sport sur l’épaule et son téléphone dans l’autre main, l’écran fendu d’un coin à l’autre.

« Je peux entrer ? »

« Tu m’as demandé de la place, la dernière fois ? »

Elle a baissé les yeux. Elle ne m’a pas répondu.

« Entre. »

Elle a avancé de deux pas et s’est arrêtée. Le canapé d’angle occupait tout le salon, en travers, avec ses trois morceaux remontés de travers. Elle a contemplé le cuir, puis la table de camping qui servait de cuisine, puis le matelas contre le mur.

« C’est petit », a-t-elle dit.

« Oui. »

« Mais c’est à toi. »

Elle l’a dit sans ironie, comme on constate un fait. Je n’ai pas su quoi faire de ça.

Je lui ai versé du café dans le seul bol qui n’était pas encore emballé. Elle s’est assise au bord du canapé, le bol à deux mains, et on est restées comme ça, face à face, ses genoux presque contre les miens.

« Tu as vu la ligne du bas, a-t-elle fini par dire.

– Oui. »

« Alors tu sais. »

« Je sais que j’ai un quart de l’appartement. Toi aussi. Je ne sais rien d’autre. »

Chloé a fermé les yeux.

« C’est moi qui l’ai mis dans ton classeur. »

Je n’ai pas répondu tout de suite.

« Quand ? »

« Mardi soir. Pendant que tu finissais ton service. J’ai attendu que Maman m’appelle pour me dire bonne nuit, comme elle fait tous les soirs depuis que je suis installée chez toi… »

Elle a corrigé.

« Chez toi. Pardon. Que j’étais chez toi. Elle m’a rappelé à vingt heures. On a parlé de rien. Quand elle a raccroché, j’ai sorti le papier de l’enveloppe, et je suis allée dans ton buffet. »

« Quelle enveloppe ? »

« La grosse, celle qu’elle m’a donnée le samedi. Pour la CAF, la mutuelle, le changement d’adresse. Mon dossier. Elle avait glissé dedans une copie de tout, au cas où. Dont ça. »

Elle a avalé sa salive.

« Je ne l’ai ouverte que mardi, parce que j’avais besoin de mon numéro de sécu. »

« Et tu as lu. »

« J’ai lu “libre de toute occupation”, et j’ai su que c’était toi. Que c’était pour toi que j’étais là. »

Elle riait presque, et pleurait presque, tout en même temps. Ça m’a fait de la peine, c’est idiot.

« Je croyais que… »

« Que quoi ? »

« Maman m’avait dit que tu étais d’accord, Manon. Que tu voulais prendre un studio, que tu trouvais l’appartement trop grand pour toi toute seule. Que c’était l’occasion pour moi de repartir de zéro, et que tu serais contente. »

« Elle t’a dit ça. »

« Elle m’a dit que l’appart serait à moi, à terme. Elle a dit : “Un jour, tout ça sera à toi.” Je l’ai crue. »

J’ai pensé à la phrase qu’elle avait lâchée dans l’appartement vide : « Tu m’avais dit que c’était pour plus tard. »

« Et les six heures du matin ? »

Chloé a pris le bol, l’a posé, l’a repris.

« C’était son idée. Elle m’a dit : “Viens tôt. Plus tôt tu arrives, plus vite elle comprend, et plus vite on passe à autre chose.” Elle voulait que tu partes d’ici de toi-même, sans qu’on ait à te le demander. Elle m’a donné la clé. Elle a dit que je n’avais qu’à faire comme chez moi. »

« Et tu as fait comme chez toi. »

« Oui. »

Elle l’a dit simplement, sans chercher d’excuse. Ça aussi, ça m’a pris à la gorge. Chloé a toujours su dire « oui » quand elle savait qu’on la prenait sur le fait.

« Tu m’as pris ma chambre, Chloé. »

« Je sais. »

« Tu m’as appelée “toi, tu iras dans la petite”. »

« Je sais. J’étais… » Elle a cherché. « J’étais sûre d’avoir le droit. »

« Et mardi, quand tu as lu le papier ? »

« J’ai pas pu rester. J’ai refermé l’enveloppe, j’ai remis le papier dans ton classeur, parce que je ne savais pas où le cacher. Je me suis dit que si tu l’ouvrais un jour, tu comprendrais. Que je n’aurais pas à te le dire en face. »

« Tu aurais pu me le dire en face. »

« J’avais peur. »

« De moi ? »

« De maman. »

Elle a posé le bol sur le carrelage. Elle s’est frotté les mains contre son jean. Ses doigts avaient les ongles rongés, pas de vernis.

« Elle m’a mise dehors, a-t-elle dit. Hier soir. Je lui ai dit que j’allais te parler. Elle a dit que si je te parlais, elle ne voulait plus me voir. »

« Elle t’a mise dehors ? »

« J’ai dormi sur un banc à l’arrêt du tram. Il faisait pas froid. »

J’avais envie de dire quelque chose de dur. J’ai seulement dit :

« Chloé. Pourquoi tu es là ? Pas pour t’excuser. Tu n’es pas du genre. »

Elle a levé les yeux. Dans ses yeux, il n’y avait plus rien d’arrogant, plus rien de la fille qui avait choisi ma chambre.

« Parce que la ligne du bas, ce n’est pas le pire.

– C’est quoi, le pire ? »

Elle a pris une grande inspiration, de celles qu’on prend avant de plonger.

« Maître Leroy a une procuration à ton nom. »

« Je sais. Je l’ai vue. Je sais que c’est un faux. »

« Oui. »

Elle m’a regardée en face, pour la première fois depuis l’entrée.

« La signature sur la procuration, c’est moi. »

Partie 3

Story Parts

À six heures du matin, ma sœur est entrée chez moi avec deux valises et la clé de maman, et elle a choisi ma chambre.

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