PARTIE 12 — LA SIGNATURE

La procédure concernant le compromis prit du temps.

Plus de temps que mon entourage l’imaginait.

Mon père demandait :

— Ils savent que c’est lui, non ?

Je répondais :

— Ils enquêtent.

Il soupirait.

— À mon époque—

— À ton époque, papa, on avait aussi des juges.

Les analyses graphiques n’étaient pas une scène de série télévisée où quelqu’un pose deux signatures sur une table et annonce en trente secondes :

Faux à 99,8 %.

Des documents furent comparés.

Les éléments numériques examinés.

Les emails.

Les métadonnées accessibles.

Les témoignages.

Constance.

L’agence.

Le notaire.

Mon planning.

Des formulaires antérieurs portant ma signature authentique.

Il apparut que l’image de ma signature avait probablement été reconstituée à partir de documents que Ludovic possédait.

Plus tard, confronté à plusieurs éléments, il finit par reconnaître avoir produit et utilisé le document contesté.

Pas parce que je l’avais piégé.

Parce que l’enquête avait avancé.

Son explication fut celle-ci :

il était convaincu que je finirais par accepter de vendre.

Il avait voulu « gagner du temps ».

Puis, une fois le compromis engagé, il comptait me présenter la vente comme presque impossible à arrêter.

Exactement ce que Beaumont avait évité.

Créer un fait accompli.

Puis transformer ma résistance en problème.

Ludovic reconnut également avoir créé l’adresse électronique utilisée au nom de « Nathalie ».

Le dossier aboutit à une procédure pénale.

Je ne choisis pas la peine.

Je n’ai pas demandé :

— Combien d’années ?

Je ai fourni mon préjudice.

Les frais.

Le stress.

Les conséquences directes documentables.

Le tribunal prononça finalement une peine comportant notamment une sanction d’emprisonnement aménagée ou assortie de sursis selon les modalités retenues, une sanction financière et l’indemnisation de certains préjudices établis.

Je ne vais pas prétendre que ce jour fut glorieux.

Ludovic était assis quelques mètres devant moi.

L’homme qui avait posé du parquet avec mon père.

Celui qui avait dormi près de moi lorsque ma grand-mère était morte.

Celui qui m’avait un jour apporté une soupe entière à l’EHPAD parce que j’étais malade et refusais de rentrer.

Et aussi l’homme qui avait signé mon nom pour vendre une maison.

Les deux existaient.

À la sortie, il me regarda.

Je pensais qu’il allait parler.

Il ne le fit pas.

Moi non plus.

Mon père demanda :

— Ça te suffit ?

Je le regardai.

— Quoi ?

— La décision.

Je réfléchis.

— Ce n’est pas à elle de me suffire.

Puis :

— Elle répond aux faits qu’elle devait traiter.

Papa hocha la tête.

Je savais ce qu’il demandait vraiment.

Est-ce que tu te sens vengée ?

Non.

Je ne me sentais pas vengée.

Je me sentais crue.

Ce n’est pas la même chose.

Et c’était beaucoup plus important.

PARTIE 13 — QUI GARDE LA MAISON ?

Story Parts

MON MARI M’A DONNÉ JUSQU’À DIMANCHE POUR QUITTER « SA » MAISON — IL IGNORAIT QUE J’AVAIS GAGNÉ 73 MILLIONS

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